Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Abus et Maltraitance de l'Enfant

Abus et Maltraitance de l'Enfant

Ce blog informe, conseille et oriente les enfants, les parents et les professionnels.

Les disputes conjugales et l'enfant

Les conflits parentaux et développement des enfants.

Les disputes des parents blessent psychologiquement les enfants. Les bagarres récurrentes des enfants peuvent être un reflet de ce qu'ils traversent au sein de leurs familles. Selon l'Association américaine de Psychologie, Hamby déclare que : « La violence familiale atteint définitivement tous les segments de la société et a un impact grave sur les enfants » (1). Quand l'enfant se sent embêter, dit des gros mots ou fait des croches pieds à ses camarades de jeux. Le riposte des camarades peut empirer cette situation ou alors elle peut prendre une autre tournure. L'enfant se sent seul quand ses camarades s'éloignent exprès de lui ou évitent de jouer avec lui.

Les enfants sont témoins de plusieurs formes de violence au sein de leurs familles : violences verbales, physiques, etc. Comment les enfants peuvent-ils éviter de reproduire les mêmes situations conflictuelles avec ses pairs ? Comment arrivera-t-il à contourner les problèmes et éviter les conflits avec leur pairs ? Peuvent-ils exprimer leurs désaccords sans dispute ni insulte ? Certains enfants alertent les adultes et demandent de leur venir en aide.

Il y a des parents qui se disputent devant leur enfant. Que retient-il de leur comportements et attitudes ? Les adultes se violentes et se disputent pour n'importe quel sujet, cause de désaccord. « Les parents sont les grandes figures de la vie d'un enfant. Si un parent est en danger, ceci peut menacer le bien-être de l'enfant. Les enfants sont inquiets quand leurs parents sont en danger. Qui peut alors les protéger ? » (1). L'enfant se retrouve dans une situation très inconfortable. Ces enfants ont tendance à croire que c'est à cause d'eux que leurs parents n'arrêtent pas de se disputer. Quelle image ou quel modèle donnent-ils à leurs enfants ?

Que disent les professionnels ?

Pour Jean-Paul Matot, « La dispute des parents, frappe les enfants. La dispute des parents, je pense qu'elle fait partie de la vitalité. Et donc quand les parents se disputent si ça reste de l'ordre de la dispute, c'est-à-dire de quelque chose qui est au fond une discussion assez vive. Je pense que la dispute des parents est quelque chose qui confronte l'enfant au fait que les parents ne sont pas les mêmes, qu'ils ont des opinions différentes. Qu'il y a quelque chose là de leur propre vitalité qui peut à un certain moment va s'affronter. » (2). Plusieurs sujets donnent lieu à des disputes. Ceci peut concerner directement ou indirectement l'enfant : prendre soin de lui, l'accompagner à l'école, lui donner le biberon, lui changer de couches, l'amener à la crèche, prendre rendez-vous chez son pédiatre, etc. Bref, toutes ces disputes affectent la santé psychique de l'enfant. Il n'arrive toujours pas à décoder ce qui se passe entre ses parents.

La prise de décision en couple passe par un échange ou une discussion. Pour certains sujets, les parents peuvent discuter de vives voix en présence de l'enfant. Par exemple quand il faut se décider sur le lieu où ils vont passer les vacances, le choix de cadeau, des objets à acheter, les discussions sur les nouvelles marques des articles à la mode ou informations concernant la famille, etc. « Et que la question donc c'est celle à la fois d'intensité et puis de devenir de la dispute. C'est-à-dire est que la dispute au fond peut, petit à petit, se décaler, évoluer dans quelque chose qui revient à un ordre de discussion et finalement à un certain mouvement, à un changement.

Je pense que ça c'est une bonne dispute. Qui permet à l'enfant de sentir vraiment que ses parents ne sont pas omniscients, omnipotents. Qu'il y a des limites que chacun d'eux a à tenir compte des limites de l'autre.

Et qu'il y a donc là une expérience très concrète du fait que l'omnipotence à laquelle ses parents lui demander de renoncer, eh bien eux-mêmes ont eu et ont encore à y renoncer. Il y a là donc quelque chose d'un message très vécu et qui peut être très intéressant. » (2). Par ces genres de discussion, les parents apprennent à l'enfant comment se faire, écouter et écouter l'autre. Comment faire passer son message ou son idée sans chercher à s'imposer.

Viennent ensuite d'autres formes de discussion qui débouchent à des véritables disputes. Quand l'incompréhension ou la non-acceptation du point de vue de l'autre perdure, on court le risque de se laisser emporté par la colère, les disputes et les violences verbales dans un premier temps ou les violences physiques par la suite malheureusement. Jean-Paul Matot dit qu'«… Il y a ces disputes extrêmement répétitives qui sont plutôt effectivement des scénarios répétitifs dans lesquels les couples peuvent s'embarquer et parfois s'enliser. Où c'est toujours les mêmes arguments qui reviennent toujours de la même manière avec toujours la même incompréhension qui se développe et où finalement chacun reste sur des positions très très encrées. » (2). Ce climat conflictuel joue en défaveur du bon développement psychique des enfants. Ainsi, « Les enfants témoins de violence conjugale sont plus susceptibles de souffrir de dépression, l'anxiété, les cauchemars, de l'adolescence violence dans les fréquentations et les perturbations aux travaux scolaires, ... » (1).

Le risque des disputes sur l'avenir des enfants.

À l'image de leurs parents, les enfants répètent le même comportement quand ils sont avec leurs camarades de jeux. « Et qui est alors là, au fond donne à l'enfant un peu le message inverse. C'est-à-dire de quelque chose qui est à la fois un impossible de faire évoluer une position. Du maintien très rigide de quelque chose qui est une absence d'ouverture à la pensée de l'autre. Et de quelque chose qui est finalement alors une violence répétée. Qui se vit d'une manière pénible et douloureuse entre les parents. Mais avec aussi quelque chose que l'enfant peut percevoir comme une espèce de plaisir, ou en tout cas, d'une sorte de satisfaction qu'ils peuvent prendre dans quelque chose qui est finalement très pénible. Et donc d'un message plutôt de quelque chose d'une impuissance ou de perte d'espoir dans l'évolutivité des conflits qui peuvent être amenés chez l'enfant. » (2).

Les enfants se disputent parce qu'ils ne sont pas d'accord entre eux. Des fois parce que quelqu'un a dit à l'autre que : "je ne suis plus ton ami". L'enfant dit que : "l'autre est méchant ou l'a traité". Il est viré du cercle des camarades et personne ne l'adresse plus la parole. Il sera frappé par la solitude. Les enfants se retrouvent seuls après les disputes. Il peut arriver qu'ils recherchent le pardon des camarades. Et vouloir renouer les relations amicales. Les adultes doivent appuyer cette démarche. Mais, comment arriveront-ils à entretenir dans la durée leurs rapports amicaux ? Les parents doivent bannir toute dispute acharnée en présence des enfants. La violence détruit les familles.

Référence :

1. Association Américaine de Psychologie. Article: "Suite à l'intervention contre la violence familiale: les meilleures pratiques et les obstacles Helpseeking dans un échantillon national représentatif de familles avec enfants," Sherry Hamby, PhD, Sewanee, L'Université du Sud; et David Finkelhor, PhD, et Heather Turner, Ph.D., Université de New Hampshire; Psychologie de la violence, publié en ligne le 7 Avril. Sur http://www.apa.org/news/press/releases/2014/04/domestic-violence.aspx

2. Jean-Paul Matot entretien de janvier 2013. http://www.yapaka.be/video/la-dispute-des-parents-frappe-les-enfants.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article